Hier matin, 10 h : une effervescence inhabituelle a troublé la quiétude de la petite mairie de Sévenans, dans le Territoire de Belfort.
Pompiers, gendarmes, représentants de la préfecture du Territoire et de GrDF et GRT gaz, ont investi les lieux pour un exercice inédit.
« Nous simulons une importante fuite de gaz sur un des deux gazoducs qui traversent la commune, à proximité de la piste cyclable qui longe la Savoureuse. L’objectif de cet exercice est de
mettre en œuvre le Plan de surveillance et d’intervention. Il est mis à jour tous les trois ans et permet de tester, entre autre, le schéma d’alerte, la coordination interservices, le délai
de reconnaissance de l’incident, de la mise en place du périmètre de sécurité », rapporte Marie-Claude Lambert, directrice du cabinet du préfet du Territoire de Belfort, qui a pris, avec
Nicolas Lardier, la direction des opérations hier matin.
L’A36 et la RN 19 sont fermées
Le scénario catastrophe échafaudé est alors le suivant : « Un engin de chantier perce une importante conduite de gaz naturel de 900 mm de diamètre qui transite de la mer du Nord vers
l’Italie. Un témoin donne l’alerte, les pompiers se rendent sur place pour identifier la fuite et, à partir de là, une procédure d’intervention gaz renforcée est déclenchée. Elle est lancée
auprès des institutions concernées : la préfecture, les gendarmes, GDTF, les mairies concernées, etc. », rapporte Jacques Wallois, responsable de l’organisation de cet exercice pour GDT gaz.
Et les moyens déployés -en théorie- sont à l’échelle de la catastrophe : trente-trois véhicules, 163 pompiers venus du Territoire et des départements limitrophes, les hommes de la
gendarmerie, les représentants du service des routes du Département et de la préfecture.
« Dans un premier temps, nous nous attachons à protéger la zone à risque. Nous évacuons la zone avant de la boucler, dans un périmètre de 600 m. Là, par exemple, l’A36 et la RN19
seraient fermées. Dans un deuxième temps, nous recensons les bâtiments stratégiques situés à proximité. Ici, c’est l’UTBM, les écoles ou la mairie. Parallèlement, GRT gaz intervient sur le
réseau », résume Thierry Ugolin, commandant en chef des opérations.
Tous rassemblés autour des cartes typographiques du secteur, la salle de la mairie de Sévenans qui abrite le poste de commandement opérationnel (PCO) avancé de l’opération de secours. Sous
les yeux du maire, sollicité pour l’occasion.
C’est plutôt rassurant de savoir que ce type de dispositif existe
« C’est la première fois que Sévenans accueille ce type. C’est plutôt rassurant de savoir que ce type de dispositif existe », conclut Didier Pornet.
La dernière opération de cette envergure avait été réalisée en 2006, à Pérouse, dans le Territoire.
Jérôme Gil